Semaine de la classe inversée 2016

CLISE : Classe Inversée : la SEmaine clise2016

 Du 25 au 29 janvier 2016, c’était la semaine de la classe inversée et l’équipe Engage est partie en immersion pour découvrir cette pédagogie innovante ! Retour sur cette expérience…

La classe inversée, qu’est ce que c’est ?

« La classe inversée est une approche pédagogique qui inverse la nature des activités d’apprentissage en classe et à la maison, ce qui amène une modification des rôles traditionnels d’apprentissage. » Source: Wikipédia

J’ai eu la chance d’assister à une séance de SVT dans la classe de Jean-Philippe Morand, professeur de SVT au lycée Notre Dame du Grandchamp à Versailles. Ses 17 élèves de seconde ont travaillé pendant 1h30 sur le thème de l’ADN, séance qui faisait suite à 2 séances de TP. Ils devaient avoir visionné au préalable une vidéo de 5 min et répondu à un quizz en ligne sur le portail gratuit EDpuzzle.

Déroulé de la séance

Les élèves sont regroupés par groupes de 4 ou 5. La première étape de la séance consiste à reprendre par groupe les notions de cours qu’ils ont eu l’occasion de rencontrer dans la vidéo. La seconde étape est une séquence d’exercices allant de questions de cours à des exercices d’application et d’analyse plus complexes. Enfin, la séance se termine avec la création par les élèves d’une vidéo de 30s à 1min regroupant les informations fondamentales de leur cours avec l’application gratuite Tellagami. Les élèves envoient ensuite leurs vidéos par mail à leur enseignant, qui vérifie l’exactitude du contenu et publie sur son compte Twitter les vidéos les plus abouties dont voici un exemple sur le thème de la photosynthèse.

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Les élèves travaillent en petits groupes de 4 à 5.

La méthode

Ces séances, selon Jean-Philippe Morand, favorisent l’autonomie et l’explication par les pairs ainsi que le développement de nouvelles compétences que les élèves n’auraient pas pu acquérir en enseignement classique. On pourrait penser que c’est une méthode réservée aux classes ayant un bon niveau, mais ce n’est pas le cas. Jean-Philippe Morand m’indique que les classes avec qui cette méthode fonctionne bien sont, au contraire, celles qui ont en général plus de difficultés. En effet, cette méthode leur offre une alternative, une nouvelle manière d’appréhender l’école, avec laquelle ils peuvent interagir entre eux, s’entraider et faire de nouvelles expériences motivantes.

Le rôle de l’enseignant

Jean-Philippe Morand a commencé à utiliser la classe inversée il y a quelques années, car il souhaitait avoir un projet avec ses élèves et ne pas s’ennuyer dans la pratique de son métier d’enseignant. Il effectue maintenant l’intégralité de son enseignement de SVT en classe de seconde et de spécialité avec cette méthode et l’utilise de manière occasionnelle dans les autres classes. Cela demande bien sûr une certaine préparation: la création des vidéos de cours, des questionnaires, d’activités innovantes, demandent du temps et de l’implication mais après quelques années de pratique, les séances sont en place et demandent seulement quelques réactualisations.

Pendant la séance en elle-même, le rôle de l’enseignant est alors d’expliquer les consignes de la séance, de les accompagner à travers les différentes étapes en passant voir les différents groupes pour leur poser des questions, mais aussi répondre à celles des élèves, aborder des sujets de société et pousser la réflexion des élèves au delà des connaissances de cours.

Le matériel

La séance à laquelle j’ai assisté demandait qu’au moins un élève par groupe possède un téléphone capable de télécharger des applications et d’enregistrer des vidéos. Cela peut donc être un obstacle pour certains élèves qui n’auraient pas accès à ces technologies. Cependant, de plus en plus de jeunes sont équipés de cette technologie et il est aussi tout à fait possible de créer des séance en classe inversée qui n’utilisent pas ce type de matériel. L’autre point important est que tous les élèves doivent avoir accès à Internet que ce soit chez eux ou au CDI, pour visionner les vidéos et répondre aux questionnaires avant les séances.

Les obstacles

Je demande à Jean-Philippe Morand s’il pense qu’il y a des difficultés avec cette méthode. Pour lui, le seul obstacle est de pouvoir travailler avec des petits groupes d’élèves car une classe entière d’une trentaine d’élève rend ce type de pratique beaucoup plus compliquée à gérer pour l’enseignant qui ne peut pas accompagner tous les groupes de manière optimale.

De plus, pour l’enseignant, la reprise en groupe des connaissances de la vidéo-cours en début de séance est un impératif à ne pas négliger lors de la préparation de la séance.

Un autre point qui reste pour lui également un peu en suspens est de pouvoir d’évaluer ses élèves par compétences, ce qui demande du temps et du travail et pourquoi pas un jour pouvoir également se passer de notes?

Conclusion

Participer à cette expérience en classe inversée m’a donné envie d’en savoir plus car je suis sûre que les enseignants qui l’utilisent ont une approche et des méthodes diversifiées et inspirantes. Jean-Philippe Morand m’a également mise sur la piste d’une méthode dérivée de la classe inversée, la classe renversée, que je vous invite à découvrir grâce à cette vidéo très inspirante !

Claire pour l’équipe Engage France

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